Un chiffre glacial : moins d’un CAE sur deux débouche sur un emploi durable. Derrière cette statistique, des trajectoires cabossées, des espoirs déçus, mais aussi des chemins rebondissants. Le contrat CAE, conçu pour ouvrir des portes, ne se referme pas d’un coup de vent ni sur un simple coup de tête. Le quitter, c’est tout sauf anodin, pour l’employeur comme pour le salarié.
Contrat CAE : ce qu’il faut savoir avant d’envisager une résiliation
Le contrat d’accompagnement dans l’emploi, aussi connu sous le nom de contrat d’insertion ou contrat CUI-CAE, s’inscrit dans l’univers des contrats aidés. Son but est limpide : aider ceux que le marché du travail a mis de côté à retrouver une place. Il cible en grande majorité le secteur non marchand : associations, collectivités, organismes publics. Par comparaison avec le parcours emploi compétences (PEC), il conserve des logiques particulières, tant dans l’aide financière que dans l’accompagnement.
Le code du travail cadre strictement ce dispositif. Typiquement, le contrat CAE reste à durée déterminée, renouvelable dans la limite de 24 mois, quelques situations permettant d’allonger ce plafond, notamment pour les personnes en situation de handicap ou bénéficiaires de minima sociaux. À chacun ses codes et ses limites : rompre un CAE ne relève pas du jeu d’enfant, loin de la souplesse qu’offrent d’autres contrats privés.
Avant toute démarche, chaque acteur doit faire le point sur plusieurs contraintes qui ne se discutent pas :
- Un accord tripartite doit exister entre le salarié, l’employeur et l’État : toute décision impacte cet équilibre.
- Le suivi et l’accompagnement personnalisés sont au cœur du contrat.
- Impossible d’ignorer le cadre légal, en particulier si une évolution professionnelle ou une faute grave intervient.
Le contexte influe aussi sur la procédure : au sein d’une association, le contrat d’insertion fonctionne selon ses propres règles, loin des automatismes d’un contrat de travail classique. Tout tourne autour de l’intégration, de la progression et de l’engagement mutuel. Gare à la moindre défaillance : l’employeur peut voir ses aides remises en cause s’il faillit à ses engagements.
Rupture ou résiliation : quelles différences et implications concrètes ?
« Rupture » et « résiliation » ne sont pas synonymes : ces deux termes recouvrent des réalités juridiques précises, toutes encadrées par le code du travail et les textes qui régissent le contrat d’accompagnement dans l’emploi.
La résiliation du contrat CUI-CAE intervient en général quand une seule des parties la demande, souvent à la suite d’une faute grave, d’une inaptitude ou d’une situation imprévue. Elle peut aussi être la conséquence d’une embauche définitive du salarié ailleurs, ou d’un refus de renouvellement en fin de contrat. La rupture, elle, correspond le plus souvent à la fin du CDD ou à une démission du salarié. À noter : la rupture conventionnelle reste impossible avec ce type de contrat. À chaque cas, son motif clair, toujours en conformité avec la législation.
Les implications ne se limitent pas au vocabulaire. Un contrat à durée déterminée CAE rompu avant son terme prive l’employeur des aides associées et le salarié de certaines voies d’accompagnement. La marche à suivre varie : notification écrite, respect du préavis, communication avec les organismes concernés, remise de tous les documents requis.
Pour mieux mesurer ce que cela implique pour chaque partie, voici ce à quoi il faut s’attendre :
- L’employeur doit prendre en compte chaque étape du début à la fin, sous peine de contentieux prud’homal.
- Pour le salarié, la forme de la rupture peut conditionner le droit à l’allocation chômage, la suite de son parcours de formation ou l’accès à un accompagnement renforcé vers l’emploi.
Le contrat de travail CUI exige une lecture attentive des règles propres à ce dispositif, entre droit social classique et mesures ciblées d’insertion professionnelle.
Quelles démarches suivre pour mettre fin à un contrat CAE en toute conformité ?
Résilier un contrat CAE ne s’improvise pas. Un oubli ou une erreur peut se solder par des déboires, voire un litige. Tout commence par la rédaction d’une lettre motivée qui précise la cause et la date effective de la rupture ; elle s’envoie en recommandé avec accusé de réception. Ce document, précieusement archivé, fait foi en cas de contestation.
Pour chaque camp, les démarches sont clairement posées. Côté employeur, il s’agit d’avertir officiellement le salarié, mais aussi de transmettre la notification aux services administratifs compétents si le contrat relève de la catégorie des contrats aidés. Trois documents doivent alors impérativement être remis au salarié : l’attestation France Travail, le certificat de travail et le solde de tout compte. Sans ces pièces, impossible d’accéder aux droits relevant du chômage.
Pour ne rien laisser de côté, ces points sont à retenir :
- Le préavis respecte le code du travail ou la convention collective, sans exception.
- Chaque motif de rupture anticipée doit pouvoir être défendu : faute grave, inaptitude, accord écrit ou force majeure.
Un simple oubli dans la procédure administrative suffit à retarder l’octroi d’indemnités ou l’accompagnement post-contrat. Les étapes à suivre pour rompre efficacement un contrat CAE imposent à chacun d’être vigilant du début à la fin. Respecter ce process, c’est l’assurance d’une sortie sans encombre, sans litige, ni pour l’employeur ni pour le salarié, et de sécuriser le parcours d’insertion professionnelle.
Conséquences à anticiper après la fin du contrat : droits, obligations et aides
Quand le contrat CAE s’achève, la situation du salarié change du tout au tout. De nouveaux droits émergent, mais les formalités ne s’arrêtent pas là. D’abord, il faut se procurer l’attestation France Travail, nécessaire pour obtenir une allocation chômage et s’enregistrer comme demandeur d’emploi. Le solde de tout compte doit aussi être remis, avec le dernier salaire, les éventuelles indemnités de congés et tous montants dus en cas de rupture anticipée. Le respect du SMIC sur l’ensemble du contrat est systématiquement vérifié par les services compétents.
Pour les salariés qui ont engagé une action de formation professionnelle pendant leur CAE, il est parfois possible de la finaliser après la rupture, sous certaines conditions. Sur le plan social, la CAF évalue l’évolution des ressources afin de recalculer la prime d’activité ou le RSA si nécessaire. Les personnes en situation de handicap peuvent compter sur un suivi adapté dans le cadre du parcours emploi compétences (PEC).
Côté employeur, la fin du contrat CAE marque aussi l’arrêt des exonérations et des aides attachées à cette embauche. En cas de liquidation judiciaire ou de redressement judiciaire, des dispositifs particuliers protègent les droits du salarié, toujours sous l’œil attentif du code du travail et des institutions publiques chargées du suivi de l’emploi.
Mettre un terme à un contrat CAE agit comme un levier : procédures administratives, démarches sociales et droit au rebond pour le salarié. L’après-CAE se transforme en nouveau départ, à chacun de saisir l’occasion, ou de tracer une route qui lui ressemble vraiment.


